Dans son atelier lumineux de Levallois, où les herbes sèchent à basse température et les fruits sont choisis comme des crus rares, Claire Heitzler affine sa vision d’une pâtisserie sensible. Pour la fête des Mères, l’ancienne cheffe de création de Ladurée et grande voyageuse de la gastronomie signe une ode à la framboise, entre geste maîtrisé et émotion gourmande.
La nature comme inspiration, l’enfance comme fil rouge
Chez Claire Heitzler, chaque dessert commence par un souvenir. Cette année, c’est la framboise qui tient le rôle principal — un fruit solaire, à la fois délicat et franc, qui incarne la saison autant que l’intime. Trois créations, trois manières de dire « je t’aime » sans trop en faire. Le tout, avec cette élégance naturelle qu’on retrouve aussi bien dans les parfums que dans le sourcing, toujours éthique, toujours mesuré.
Le cœur, la fleur, le froid
Le Cœur de framboise & verveine en dit long dès le premier regard : un cœur végétal où s’entrelacent pâte sucrée, crème d’amande, mousse infusée et marmelade maison. Un dessert bijou pour deux personnes, à partager avec la même délicatesse qu’un mot doux. Plus floral, le Caprifolia rend hommage aux étés alsaciens de la cheffe, avec sa mousse à la fleur de sureau, son biscuit aux amandes et son cœur de framboise. Un dessert-récit qui parle de jeux dans les bois et de taches sur les chemises. Enfin, pour les amateurs de fraîcheur : La framboise glacée, un trio sensoriel entre sorbet, glace à la verveine et crumble croustillant, le tout présenté dans une verrine consignée. L’approche est nette, la dégustation joue sur les textures et la justesse aromatique.
Une pâtisserie du vivant
Derrière la grâce de ces compositions, une exigence rare : pas de vitrine surchargée, mais un système de précommande qui garantit fraîcheur et zéro gâchis. Chaque ingrédient est sélectionné pour sa saison, sa provenance, son intégrité. La démarche n’a rien de marketing : elle est fondatrice. Claire Heitzler façonne une pâtisserie de demain, où l’excellence se conjugue au présent.
Une fête des Mères sous le signe de la douceur, donc — mais d’une douceur intelligente, ancrée, résolument contemporaine. Comme un dessert qui ne dit jamais tout à la première bouchée.
