À Montmartre, une nuit pour Aznavour : Fabrice Capizzano couronné par le Prix des Mots d’Amour 2026

Le soleil déclinait doucement sur les hauteurs de Montmartre lorsque les premiers invités ont franchi les grilles de l’Hôtel Particulier. Caché derrière une allée discrète du XVIIIe arrondissement, le lieu semblait hors du temps ce vendredi 22 mai. Dans les jardins baignés d’une lumière presque méditerranéenne, les tables dressées avec raffinement donnaient à la soirée des allures de dîner de cinéma. Paris offrait ce soir-là l’un de ces instants suspendus dont elle a le secret.

C’est dans ce décor feutré et élégant qu’a été remis le Prix Aznavour des Mots d’Amour 2026, imaginé par Mischa Aznavour pour faire vivre l’héritage littéraire et sentimental de son père. Une cérémonie organisée le jour même de la naissance de Charles Aznavour, dans une atmosphère mêlant émotion, musique, littérature et conversations à la lueur des bougies.

Une soirée élégante et profondément émouvante

Difficile d’imaginer écrin plus adapté pour célébrer l’univers aznavourien. Tout semblait parfaitement accordé : le jardin sublimé par une météo idéale, le dîner raffiné, les invités venus du monde des arts et des médias, les éclats de voix qui résonnaient doucement entre les arbres.

©️Michael Huard / Say who

La soirée a également été marquée par la prestation très remarquée d’un chanteur et danseur indien Raghunath Manet, venue apporter une touche presque onirique à l’événement. Une parenthèse artistique inattendue qui a renforcé le caractère cosmopolite et profondément sensible de cette cérémonie littéraire.

Très entouré tout au long de la soirée, Mischa Aznavour s’est montré particulièrement ému. À travers ce prix, le fils de Charles Aznavour poursuit une démarche intime autant que culturelle : faire vivre l’amour des mots et des auteurs qui animait son père.

« À travers ce prix, c’est l’âme d’Aznavour que je souhaite transmettre, il était un grand lecteur, admiratif des auteurs et amoureux des mots », rappelle-t-il.

Fabrice Capizzano, la révélation sensible de cette édition 2026

Au cœur de cette soirée, un homme découvrait avec émotion les premiers grands honmages de sa carrière littéraire. Fabrice Capizzano a reçu le Prix Aznavour des Mots d’Amour 2026 pour Une salamandre à l’oreille publié aux éditions Au diable vauvert.

© Michael Huard / Say who

Visiblement bouleversé, l’auteur, qui recevait là son tout premier prix littéraire, a pris la parole avec beaucoup de pudeur, rendant notamment hommage à sa grand-mère dans un moment particulièrement touchant.

Avec ce roman profondément organique et habité, Fabrice Capizzano explore les territoires du deuil, de la mémoire et de l’amour fou. Son personnage principal, Samuel Page, ancien auteur devenu apiculteur après la disparition de sa femme, tente de survivre entre culpabilité, solitude et reconstruction intérieure.

Il s’agit un texte « musical, organique, électrique et hypersensible », un roman « connecté à la terre, à la nature, qu’à la rage et la douleur de vivre ».

Le jury a également salué « la plume nerveuse et poétique, sensible et parfois loufoque » de l’auteur, mais aussi « son romantisme » et « son exigence d’absolu ».

Dans les allées du jardin montmartrois, nombreux étaient les invités à évoquer cette écriture viscérale et vivante qui semble avoir touché l’ensemble du jury.

Un jury entre littérature, cinéma et culture

Autour de Mischa Aznavour, plusieurs personnalités avaient fait le déplacement pour cette quatrième édition du prix. Parmi elles, l’acteur, scénariste et réalisateur Pascal Elbé, membre du jury, mais aussi Joséphine Dard, Frédéric Hermel ou encore Gérard Davoust.

© Michael Huard / Say who

Loin d’une cérémonie figée, la soirée ressemblait davantage à un dîner littéraire parisien où les conversations sur les livres, la musique et la création se poursuivaient jusque tard dans la nuit.

© Michael Huard / Say who

Dans ce lieu caché de Montmartre, entre les arbres éclairés à la tombée du soir et les derniers verres partagés dans le jardin, le Prix Aznavour des Mots d’Amour a surtout réussi ce que peu d’événements culturels parviennent encore à créer : une émotion sincère, élégante et profondément humaine.

Comme un écho discret à l’œuvre de Charles Aznavour lui-même.