Le 8 septembre, cinq solistes de l’Opéra de Paris investiront les différents étages de la Tour d’Argent pour un concert itinérant en quatre mouvements. De Mozart à Piazzolla, la musique s’élèvera progressivement au-dessus de la Seine, accompagnée de champagne, de créations salées et de mignardises imaginées par le chef Yannick Franques.
Il y a des soirs où Paris gagne à être parcouru à la verticale. Le mardi 8 septembre, la Tour d’Argent ne proposera pas simplement un concert, mais une ascension musicale à travers les différentes personnalités de la Maison. Le public passera du Bar des Maillets à l’Appartement d’Augusta, avant de rejoindre le sommet de la Tour et son panorama sur les toits de la capitale.
Deux heures durant, l’institution du quai de la Tournelle deviendra une scène en mouvement. Pas de fauteuils alignés ni de rideau à lever : les musiciens accompagneront les spectateurs d’un espace à l’autre, comme si chaque étage possédait sa propre tonalité.
MOZART POUR OUVRIR LA SOIRÉE
Le voyage commencera au rez-de-chaussée, dans l’atmosphère enveloppante du Bar des Maillets. Frédéric Chatoux, flûte solo de l’Opéra de Paris, y retrouvera Agnès Crépel, violon solo de la même maison.
Les deux musiciens ouvriront la soirée autour des plus belles pages de La Flûte enchantée. Mozart semble ici particulièrement bien choisi : une musique immédiatement reconnaissable, lumineuse sans être décorative, suffisamment aérienne pour donner envie de poursuivre l’ascension.

La proximité des interprètes modifiera naturellement l’écoute. À quelques mètres seulement des instruments, le souffle de la flûte et les vibrations du violon remplaceront la distance solennelle d’une grande salle de concert. La Tour d’Argent ne cherchera pas à reproduire l’Opéra de Paris, mais à offrir une manière plus intime d’en approcher les artistes.
UNE PARENTHÈSE DANS L’APPARTEMENT D’AUGUSTA
La seconde étape conduira les invités jusqu’à l’Appartement d’Augusta, l’un des espaces les plus confidentiels de la Maison.
Pierre Lenert, alto solo de l’Opéra de Paris, et Cécile Lenert y défendront un répertoire pour deux altos. Une formation assez rare pour éveiller la curiosité, dans un lieu qui se prête davantage à la conversation musicale qu’à la démonstration.
Le programme assumera une liberté très parisienne, passant de la Mélodie des Érinnyes de Jules Massenet à Over the Rainbow d’Harold Arlen, avant de retrouver L’Hymne à l’amour. Trois univers éloignés sur le papier, mais réunis par une même inclination pour la mélodie, la nostalgie et les sentiments qui n’ont pas besoin d’être expliqués.
Dans cet appartement à l’écart du restaurant, la musique devrait prendre des allures de salon privé. C’est sans doute là que le projet trouvera sa forme la plus délicate : abolir quelques instants la frontière entre les interprètes et ceux qui les écoutent.
BACH AU SOMMET DE LA TOUR
Plus haut, Aurélien Sabouret, violoncelle solo de l’Opéra de Paris, attendra seul les spectateurs.
Le musicien interprétera la Première Suite pour violoncelle seul de Johann Sebastian Bach, l’une de ces œuvres capables de remplir un espace sans jamais l’alourdir. Il poursuivra avec le premier mouvement de la Suite pour violoncelle seul du compositeur catalan Gaspar Cassadó, partition plus charnelle et plus virtuose écrite au XXe siècle.
Après les dialogues de la flûte, du violon et des altos, ce troisième mouvement offrira un changement de perspective. Un interprète, un instrument, aucune échappatoire. Le violoncelle prendra possession des hauteurs de la Tour avant que les portes ne s’ouvrent sur le dernier décor de la soirée.
CARMEN ET PIAZZOLLA FACE À PARIS
Le final se jouera sur le Toit de la Tour. Aurélien Sabouret y sera rejoint par Frédéric Chatoux, Agnès Crépel, Pierre Lenert et Cécile Lenert.
Les cinq solistes interpréteront d’abord la Fantaisie sur Carmen de François Borne, brillante relecture des thèmes de Bizet pensée pour mettre en valeur la virtuosité de la flûte. Puis l’élégance classique cédera la place aux pulsations de Libertango, la partition emblématique d’Astor Piazzolla.
Le choix de ces deux œuvres n’a rien d’anodin. Après l’intimité des différents salons, la musique retrouvera soudain toute sa dimension spectaculaire. La vue sur la Seine, Notre-Dame et les toits de Paris fera le reste.
Ce sera moins une conclusion qu’une libération : Carmen pour la flamboyance, Piazzolla pour le mouvement, et Paris en guise de décor.
UNE PARTITION ÉGALEMENT GUSTATIVE
À la Tour d’Argent, la musique ne pouvait avancer seule. La soirée commencera autour d’une coupe de champagne Tour d’Argent Grand Cru, avant de se poursuivre avec des amuse-bouches, des encas salés et des mignardises préparés par Yannick Franques.
Le chef, Meilleur Ouvrier de France, accompagnera le parcours sans chercher à le transformer en dîner. Le format repose davantage sur une succession de bouchées que sur un repas traditionnel, afin de conserver à la soirée son rythme et sa légèreté.
Les invités pourront également choisir un cocktail ou un mocktail signature conçu par le mixologue Andy Soto. Les amateurs de vin auront accès à une sélection puisée dans les caves historiques de la Maison, dont la réputation dépasse depuis longtemps les frontières du restaurant.
Cette présence gastronomique ne constitue pas un simple accompagnement. Elle prolonge l’idée générale de la soirée : faire découvrir la Tour d’Argent autrement, en reliant ses espaces, ses métiers et son histoire au sein d’une même expérience.
Avec une jauge d’une trentaine de personnes seulement, le rendez-vous cultive une rareté devenue précieuse à Paris. Celle d’un événement dont l’intérêt ne tient ni à sa taille ni à son agitation, mais à la qualité du lieu, au choix des artistes et au sentiment d’y assister presque en secret.
INFORMATIONS PRATIQUES
La Tour d’Argent en musique : concert à tous les étages
Mardi 8 septembre 2026, de 18h30 à 20h30
La Tour d’Argent, 15 quai de la Tournelle, Paris 5e
Tarif : 140 € par personne
Jauge très limitée
Le billet comprend le concert itinérant, une coupe de champagne Tour d’Argent Grand Cru, les créations salées et sucrées de Yannick Franques ainsi qu’un cocktail, un mocktail ou une sélection de vins.
