Prix Castel 2026 : six livres à la table des nuits parisiennes

Philippe Jaenada, Line Papin, Esther Teillard… Le prix Castel resserre sa sélection autour de six titres. Verdict le 10 novembre, rue Princesse, dans cette maison de Saint-Germain-des-Prés où la littérature a ses habitudes nocturnes.

À Paris, certaines adresses ont autant d’histoires à raconter que les livres qu’elles récompensent. Castel appartient à cette famille. Le club de la rue Princesse, associé aux nuits de Saint-Germain-des-Prés et au souvenir de Françoise Sagan, poursuit son dialogue avec les écrivains. Annoncée ce jeudi 8 octobre, la deuxième sélection de son cinquième prix littéraire réunit six titres, avant une proclamation attendue le 10 novembre.

L’esprit de Jean Castel en filigrane

Créé en 2022 par Castel et Carole Chrétiennot, le prix cultive une délicieuse question : l’auteur aurait-il eu sa place à la table de Jean Castel ? Une façon de donner à l’exercice littéraire les allures d’une invitation à dîner. On imagine les conversations prolongées, les désaccords enthousiastes et cette liberté de ton que Paris aime encore associer à ses nuits.

De onze ouvrages dans la première sélection, ils ne sont désormais plus que six :

  • Philippe Jaenada, L’Inconnue du quai de Javel (Flammarion).
  • Louis Michaud, Mon ami Curnonsky (Éditions du Rocher).
  • Anna Ostasenko Bogdanoff, Rappelle-moi, ma belle (JC Lattès).
  • Line Papin, Hanoi stories (Albin Michel).
  • Esther Teillard, Fuck Circus (Grasset).
  • Yolande Zauberman, No pogrom last night (Stock).

Une sélection qui fait se côtoyer des signatures installées et des voix plus récentes, avec suffisamment de tempérament pour promettre quelques discussions animées.

De la gourmandise aux vertiges de la nuit

Parmi ces six titres, Mon ami Curnonsky semble particulièrement disposé à nourrir la conversation. Pour son premier roman, Louis Michaud entraîne un trentenaire parisien sur les traces du célèbre gastronome. La découverte de ses écrits devient une initiation aux plaisirs de la table, puis une aventure autrement plus agitée autour de la défense de la cuisine française. De quoi donner du grain à moudre à une maison où l’on vient aussi dîner.

Changement de latitude avec Hanoi stories. Line Papin accompagne une jeune femme qui quitte Paris pour le Vietnam, pays de ses origines. Famille, amour d’enfance et découverte du bouddhisme jalonnent ce retour, traversé par une question intime : comment retrouver sa place dans un pays qui a continué à vivre sans vous ?

La nuit reprend ses droits chez Esther Teillard, récemment récompensée par le prix de la Fondation de la Vocation pour Fuck Circus. Après une rupture, sa narratrice entre dans un bar baptisé Le Mythe, où les rencontres font basculer la soirée vers le chaos. Une fiction dont le décor nocturne trouve un écho évident rue Princesse, sans rien présumer du choix du jury.

Rendez-vous le 10 novembre

Le prochain lauréat succédera à Vanessa Schneider, distinguée en 2025 pour La Peau dure (Flammarion), son livre consacré à son père, l’écrivain Michel Schneider. L’année précédente, Grégoire Bouillier avait été récompensé pour Le Syndrome de l’Orangerie.

Le 10 novembre, Castel ajoutera donc un nouveau nom à son palmarès. D’ici là, six livres restent sur la table. Et quelques belles discussions en perspective.