Deux soirs à Mexico… dans le 17e

Quand la créativité mexicaine rencontre l’élégance parisienne, cela donne lieu à un rendez-vous gastronomique d’exception. Les 16 et 17 mai prochains, le restaurant Oxte (Paris 17e) accueillera deux soirées singulières en présence de trois chefs d’envergure : Santiago Moctezuma, figure militante de la scène culinaire à Mexico, Enrique Casarrubias, chef étoilé à la tête d’Oxte, et Montserrat Estrada, son alter ego en cuisine comme dans la vie.

Deux soirs, deux ambiances. La première, le 16 mai, s’annonce comme un festin de haute volée. Un dîner à six mains où la technicité française épouse les subtilités mexicaines, dans un ballet de saveurs pointues : tamal aux quelites, moules et caviar, taco de carabineros, bœuf Jersiais façon Rossini, twisté par un mole de goyave — dix plats, un menu pensé comme un manifeste pour une cuisine mexicaine réhabilitée, loin des clichés, à 190 euros hors boissons.

Le 17 mai, changement de décor : place à la fiesta. Oxte se transforme en taquería contemporaine. Ambiance plus libre, presque effervescente, où l’on picore des tacos signatures et de la street food fine dans une atmosphère qui évoque les rues animées de Coyoacán ou La Condesa. Le tout accompagné de cocktails maison, pour une parenthèse décontractée à 90 euros.

L’âme du maïs et le feu sacré des épices

Ces deux soirées sont aussi l’occasion de découvrir la démarche de Santiago Moctezuma, fondateur de Maizajo, un laboratoire culinaire et engagé au cœur de Mexico. Sa mission ? Redonner au maïs criollo, joyau oublié du patrimoine agricole mexicain, ses lettres de noblesse. Derrière le geste technique – la nixtamalisation –, une philosophie : cuisiner en conscience, valoriser l’agriculture équitable et transmettre un savoir ancestral.

En face, Enrique Casarrubias incarne un trait d’union entre deux mondes. Formé chez les plus grands (George V, Crillon, Akrame), il a su marier la rigueur française aux intuitions mexicaines dans une cuisine précise, épicée juste, déroutante parfois, mais toujours sincère. Avec Montserrat Estrada, il signe une partition à quatre mains où chaque condiment, chaque herbe a sa raison d’être.

Un rendez-vous pour épicuriens éclairés

À une époque où les frontières culinaires s’estompent, cette rencontre entre terroirs, gestes et cultures fait figure de célébration. Celle d’une cuisine mexicaine modernisée, assumée, audacieuse. Ni folklore, ni fusion : une expression libre et contemporaine d’un héritage plurimillénaire.

Les curieux, les esthètes, les gastronomes – tous ceux qui savent qu’un taco peut avoir la noblesse d’un grand plat – ont rendez-vous rue Troyon, au cœur du 17e. Là où le maïs devient or, et où Paris prend des accents de Oaxaca.

www.restaurant-oxte.com