Le Guide Michelin étend son territoire au monde du vin. Pour sa première sélection consacrée au Bordelais, il distingue Château-Figeac de trois grappes, le niveau le plus élevé de sa nouvelle classification. Une reconnaissance qui consacre autant la régularité des vins que la singularité d’un terroir à part dans le paysage de Saint-Émilion.
Après les étoiles pour les restaurants et les clés pour les hôtels, Michelin entend désormais imposer ses grappes dans l’univers du vin. Inaugurée en Bourgogne en juillet 2026, cette nouvelle distinction poursuit son déploiement à Bordeaux, où la première sélection a été dévoilée le 7 septembre à la Cité du Vin.
Au sommet de ce palmarès, neuf propriétés seulement obtiennent trois grappes. Château-Figeac rejoint un cercle particulièrement restreint où figurent également Cheval Blanc, Lafite Rothschild, Léoville Las Cases, Montrose, Petrus, Lafleur, La Conseillante et Yquem. À Saint-Émilion, seuls Figeac et Cheval Blanc atteignent ce niveau maximal. Le Guide Michelin réserve ses trois grappes aux producteurs remarquables dont les vins affichent une qualité exceptionnelle et une grande régularité à travers les millésimes.
L’autre visage de Saint-Émilion
Cette distinction vient souligner ce qui fait depuis longtemps la personnalité de Château-Figeac. Premier Grand Cru Classé « A » depuis le classement de Saint-Émilion de 2022, le domaine occupe une position singulière sur la rive droite bordelaise.
Son terroir de graves profondes reposant sur des argiles bleues diffère sensiblement des sols calcaires ou argilo-calcaires habituellement associés à Saint-Émilion. Cette géologie explique en partie la place inhabituelle accordée aux cabernets. Le cabernet franc et le cabernet-sauvignon y côtoient le merlot dans un assemblage qui rapproche parfois le style de Figeac de certaines grandes propriétés de la rive gauche.
Cette singularité ne tient pourtant pas seulement à une formule d’encépagement. Elle se retrouve dans l’allure même des vins : une structure raffinée, une fraîcheur persistante et une capacité à gagner en complexité avec le temps. Figeac préfère généralement la profondeur à la puissance immédiate, la précision à l’effet spectaculaire. Une identité que la propriété s’attache à préserver millésime après millésime.
Une distinction tournée vers le domaine
Les grappes Michelin ne récompensent pas une bouteille ou un millésime isolé, mais le travail global d’une propriété. La constance, la maîtrise du terroir et la personnalité des vins occupent une place centrale dans l’évaluation.
Pour Château-Figeac, cette reconnaissance salue donc une trajectoire collective. Celle de la famille Manoncourt, étroitement liée à l’histoire moderne du domaine, mais aussi des équipes dirigées par Frédéric Faye, directeur général de la propriété. De la vigne au chai, le travail repose sur la recherche d’un équilibre entre respect de l’identité historique et évolution des pratiques.
L’arrivée des grappes Michelin intervient dans un univers viticole déjà riche de classifications, de notes et de guides. Mais le poids international de la marque pourrait rapidement leur donner une visibilité particulière, notamment auprès d’un public davantage familier des étoiles gastronomiques que des hiérarchies parfois complexes de Bordeaux.
Pour Château-Figeac, cette nouvelle récompense ne bouleverse pas un statut déjà bien établi. Elle ajoute cependant une reconnaissance contemporaine à celle, historique, obtenue lors du classement de Saint-Émilion. Surtout, elle confirme la place particulière d’un cru qui a toujours cultivé sa différence : profondément bordelais, résolument saint-émilionnais, mais impossible à confondre avec un autre.
