Negroni Week 2026 : le cocktail italien prend l’accent charentais

Du 21 au 27 septembre, la Negroni Week remettra à l’honneur l’un des cocktails les plus immédiatement reconnaissables du répertoire classique. Pour cette édition 2026, Maison Villevert en propose une lecture très française, articulée autour de son gin Nouaison et de La Quintinye Vermouth Royal Rouge. Une variation plus ronde, plus vineuse et, dans certaines adresses, spectaculairement enfermée dans une sphère de glace.

Il suffit en principe de trois ingrédients, servis à parts égales, pour composer un Negroni : du gin, du vermouth rouge et un bitter italien. Cette simplicité presque géométrique a contribué à faire du cocktail florentin une icône mondiale, aussi à l’aise derrière le comptoir d’un palace que sur la terrasse d’un bar de quartier.

Le récit consacré situe sa naissance en 1919, au Caffè Casoni de Florence. Le comte Camillo Negroni aurait demandé que l’on renforce son Americano en remplaçant l’eau gazeuse par du gin. Plus d’un siècle plus tard, la recette continue de servir de terrain de jeu aux bartenders. La Negroni Week⁠, organisée cette année du 21 au 27 septembre au profit du mouvement Slow Food, en est devenue la principale vitrine internationale.

UNE RELECTURE FRANÇAISE, ENTRE GIN ET PINEAU DES CHARENTES

Pour l’édition 2026, Maison Villevert déplace le centre de gravité du cocktail vers la Charente. Son French Negroni associe 45 ml de Nouaison Gin, 45 ml de La Quintinye Vermouth Royal Rouge et deux traits d’orange bitters. Le mélange est rafraîchi sur glace avant d’être filtré dans un verre Old Fashioned, sur un gros glaçon, puis coiffé d’un zeste d’orange.

Le résultat s’éloigne volontairement de l’orthodoxie italienne. Le bitter rouge, l’un des trois piliers historiques du Negroni, disparaît au profit d’une amertume plus discrète. Le cocktail gagne ainsi en souplesse et laisse davantage de place au caractère vineux du vermouth.

Élaborée à partir de Pineau des Charentes et d’un assemblage de 28 plantes et épices, La Quintinye Vermouth Royal Rouge apporte des notes de vanille, d’épices et de fruits mûrs. En face, Nouaison déploie un profil plus sec et structuré : genièvre, cardamome, gingembre, bergamote, prune, poivre de Java, vétiver et bois de santal figurent parmi ses 14 botaniques.

Cette version apparaît donc moins comme une simple traduction française du Negroni que comme son cousin charentais : plus opulent, moins frontalement amer et construit autour du raisin, fil conducteur des deux produits.

LE COCKTAIL PRISONNIER DE LA GLACE

Dans certaines adresses, le French Negroni prendra une dimension plus théâtrale avec le Stratospheric Negroni, imaginé avec Johan Bouard. Le cocktail est injecté dans une sphère de glace creuse, servie entière dans le verre. Le dégustateur doit alors briser lui-même cette enveloppe pour libérer le liquide.

À l’heure où les bars ne vendent plus seulement une recette, mais aussi un geste et un souvenir visuel, la mise en scène semble parfaitement pensée pour les réseaux sociaux. L’effet reste toutefois cohérent avec le service : la glace devient à la fois contenant, élément de rafraîchissement et partie intégrante du rituel.

Cette présentation spectaculaire sera proposée dans une sélection d’établissements à travers la France : Le Douanier et L’Archipel à Strasbourg, Les Coursives à Mulhouse, Chez le Père à Besançon, La Queue du Coq et Le Society à Annecy, L’Arvi à Arbin, le Rendez-vous des Halles à Biarritz, L’Arrosoir et Mama Shelter à Toulouse, Le Poisson Rouge à Marseille, Coya à Monaco ainsi que Le Haze et le Bar des Prés de Cyril Lignac à Paris.

Avec cette lecture française, Maison Villevert ne cherche pas tant à remplacer le modèle florentin qu’à démontrer combien le Negroni est devenu un langage universel. Une structure que chaque terroir peut désormais traduire avec ses propres ingrédients — quitte à en déplacer les règles et à briser un peu de glace au passage.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.