Marrenon, le goût de l’altitude entre Luberon et Ventoux

À Paris, Marrenon a dévoilé un vignoble plus nuancé que ne le suggèrent les cartes postales : des vins lumineux, accessibles ou ambitieux, avec deux coups de cœur.

Un soir de septembre, la Provence s’est invitée dans les salons parisiens de l’Association des Maîtres Cuisiniers de France. Dans les verres, le Luberon et le Ventoux. Antoine Robert, directeur général de Marrenon, racontait les cuvées emblématiques de la maison et les paysages dont elles sont issues.

Au sud, le massif du Luberon ; au nord, le Ventoux. Entre les deux, des coteaux calcaires, le mistral, la lumière méditerranéenne et l’influence rafraîchissante de l’altitude. Fondée en 1965 et installée à La Tour-d’Aigues, Marrenon réunit 390 familles de vignerons au cœur du Parc naturel régional du Luberon, reconnu réserve de biosphère par l’UNESCO. Une aventure collective qui cultive pourtant le détail grâce à un suivi parcellaire précis.

Une Provence plurielle dans le verre

La dégustation avançait avec naturel, des vins les plus spontanés vers les expressions plus profondes. Le Viognier ouvrait la promenade sur l’abricot sec et les fruits compotés, réveillés par une jolie fraîcheur. Le Vermentino se montrait plus vif, citronné, prolongé d’un zeste de mandarine. Deux blancs solaires, mais sans mollesse, qui résument assez bien le style recherché par Marrenon : de la générosité tenue par l’équilibre.

Les rouges changeaient de tempo. Le Marselan déployait une matière dense, des notes de réglisse et des tanins veloutés. Le Pinot Noir privilégiait la cerise noire, la noisette grillée et la netteté du fruit. Plus loin, les cuvées Grand Marrenon, Orca, Sépia ou Doria montraient une maison capable de passer du vin de plaisir à des expressions plus gastronomiques sans perdre en lisibilité.

Parmi les jolies découvertes, les Belles Échappées racontaient deux visages voisins de la vallée du Rhône. Les Fées Coiffées, en AOP Ventoux, associaient cassis, framboise et finale fraîche. Les Villages Perchés, en AOP Luberon, se faisaient plus enveloppants, entre fruits rouges, moka, violette et poivre grillé.

Inventa Les Vallons, le blanc coup de cœur

Notre premier coup de cœur va à Inventa Les Vallons, AOP Luberon blanc. « Inventa » signifie « découverte » en latin, et le nom n’est pas usurpé. Issu de Vermentino et de Grenache blanc, ce vin fermente et s’élève en barriques neuves, avec un travail des lies qui lui apporte ampleur et profondeur.

Le nez évoque la pomme mûre, accompagnée de délicates notes grillées. En bouche apparaissent le coing, la pâte de fruits et une douceur beurrée, avant une finale légèrement caramélisée. L’ensemble reste pourtant frais, précis, jamais démonstratif. Un blanc de gastronomie qui trouverait naturellement sa place auprès d’une brouillade à la truffe, de beaux coquillages ou d’un fromage de brebis.

Arpegia, une partition à trois millésimes

Deuxième coup de cœur : Arpegia, AOP Luberon rouge, nouvelle cuvée ultra-premium dévoilée en 2026. Son originalité repose sur un assemblage de Syrah et de Marselan provenant de trois millésimes — 2020, 2021 et 2022 — élevés entre deux et quatre ans avant leur réunion.

La robe est profonde. Le nez déroule le cassis, les fruits noirs, la violette, le cacao et les épices douces. Ample et caressante, la bouche conserve une remarquable fraîcheur, avec des nuances de moka, de praline et de sous-bois. Arpegia possède déjà l’harmonie d’un vin abouti, tout en laissant deviner un beau potentiel de garde.

Cette soirée aura rappelé que Marrenon ne se résume pas à une Provence de lavande et de villages perchés. Derrière l’image familière se dessine une maison sérieuse mais jamais austère, capable d’aller des vins immédiats aux cuvées de haute expression. Une invitation à regarder autrement le Luberon et le Ventoux — et surtout à les goûter.

Pour découvrir les cuvées et l’univers de la maison : site officiel de Marrenon.