Une cour végétalisée à deux pas de l’Opéra, du thon juste saisi, une grillade aux accents latins et un sundae qui voit grand : au Kimpton St Honoré Paris, le Montecito emprunte à la Californie son goût des mélanges et une certaine désinvolture. Une adresse où l’on s’installe volontiers plus longtemps que prévu.
Sur le boulevard des Capucines, Paris poursuit sa journée à vive allure. Au fond du Montecito, elle accepte de ralentir. La cour intérieure du restaurant du Kimpton St Honoré Paris a cet avantage précieux : elle donne le sentiment d’avoir quitté le quartier sans s’en être éloigné. Au-dessus des tables, un rectangle de ciel. Tout autour, des façades claires, des balcons et de longues bandes végétales qui descendent entre les fenêtres. Le voyage commence modestement, par une chaise que l’on tire.
La bonne distance avec Paris
Le patio fait beaucoup pour le charme de l’adresse. Tables de marbre, verres teintés de vert, fauteuils tressés, banquettes et grands parasols composent un décor dans lequel on trouve vite ses habitudes. On y vient pour déjeuner ; on finit par regarder l’heure avec un peu moins de conviction.

Le Montecito se présente comme une brasserie d’inspiration franco-californienne. Le terme prend ici un sens assez concret : une carte qui circule entre plusieurs cultures culinaires, des assiettes colorées, une place accordée aux grillades et aux envies de partage. À table, le service est attentionné et l’atmosphère détendue. Le confort d’un hôtel se retrouve dans les détails, tandis que la cour invite à une conversation qui s’étire.

Le thon, la braise et quelques détours
Le tataki de thon donne le premier mouvement. Dans une assiette ocre, les tranches se chevauchent, bordées d’une fine saisie qui laisse le cœur presque cru. Le vert de la garniture, quelques touches jaunes, une quenelle claire ponctuée de graines : le dressage joue la couleur avec une certaine aisance. Une entrée qui annonce bien la suite, ouverte aux influences et peu intimidée par les frontières.

Le plat principal emprunte un chemin plus franc. Sous l’intitulé « Fire-Grilled Beef », le rumsteck Black Angus arrive découpé, rosé à cœur, surmonté de pimientos de Padrón à la peau brunie. Le chimichurri vert est servi à côté, dans une petite coupelle. La présentation laisse toute sa place à la viande et à ses accompagnements, avec quelque chose de la grillade que l’on commanderait au cours d’un voyage, avant de demander une deuxième assiette pour partager.

Les frites et le tempura de légumes de saison complètent la table. Les plats occupent l’espace, les mains circulent, le déjeuner prend ses aises. C’est sans doute là que l’inspiration californienne fonctionne le mieux : dans cette façon d’encourager une gourmandise spontanée, au sein d’un cadre pourtant très parisien.
Le sundae entre en scène
Il faut garder une place pour le dessert. Une vraie place. Le sundae arrive dans une haute coupe de verre, coiffé d’une quantité de chantilly qui lui donne presque une silhouette. Sous ce sommet blanc : glaces vanille et fraise, coulis de fruits rouges et praline rose. Quelques éclats roses achèvent de donner à l’ensemble une allure de fête foraine passée par un bel hôtel.

La longue cuillère plonge entre les couches. On retrouve le plaisir très simple des grandes coupes glacées, celles qui rendent un peu absurdes les bonnes résolutions prises au début du repas.
Un peu de Californie, beaucoup de piment
L’actualité du Montecito prolonge cette envie de jouer avec les saveurs. Jusqu’au 30 octobre 2026, le restaurant propose une carte « spicy » en collaboration avec Martin Hot Sauce. Mistral, Tonnerre, Tsunami : les noms annoncent une progression dont chacun peut choisir le rythme.
Parmi les propositions, un fried chicken de volaille jaune de la Maison Faye est mariné douze heures dans du lait ribot aux herbes et au paprika fumé, puis enveloppé d’une panure relevée d’une pointe de jalapeño. Il est accompagné de sauce Tonnerre, retravaillée avec un pico de gallo au maïs grillé. Les nems végétariens réunissent légumes, champignons et vermicelles, avec romaine, coriandre, menthe fraîche et sauce Mistral.
Au bar, la même idée se glisse dans un cocktail associant tequila infusée au piment, citron vert, passion et sirop épicé. Une dernière manière de faire durer la saison chaude. Dans la cour, on reprendrait bien quelques minutes avant de rejoindre le boulevard.
Informations pratiques
Montecito — Kimpton St Honoré Paris
27–29, boulevard des Capucines, 75002 Paris.
Déjeuner du lundi au samedi, de 12 h à 14 h 30.
Dîner du mardi au samedi, de 19 h à 23 h.
Brunch le dimanche, de 12 h à 15 h.
Carte Spicy disponible jusqu’au 30 octobre 2026.
Réservations : 01 80 40 76 40.
Site internet : montecitoparis.com.
