À Saint-Germain-en-Laye, le Pavillon Henri IV reçoit chaque dimanche les amateurs de brunch dans un décor chargé d’histoire, face à l’un des plus beaux panoramas de l’ouest parisien. Nous y avons déjeuné en famille, le temps d’une parenthèse aussi généreuse dans l’assiette qu’agréable à vivre.

UNE ÉCHAPPÉE À QUELQUES MINUTES DE PARIS
Il suffit de franchir les grilles du Pavillon Henri IV pour que le rythme change. Une allée pavée traverse un jardin arboré avant de conduire à la demeure, posée sur les hauteurs de Saint-Germain-en-Laye. Paris n’est qu’à une trentaine de minutes, mais le calme, l’espace et la lumière donnent déjà l’impression d’être parti beaucoup plus loin.
L’établissement occupe une partie de l’ancien Château-Neuf, la résidence royale dans laquelle naquit Louis XIV, le 5 septembre 1638. Cette histoire ne pèse jamais sur le lieu : elle lui apporte plutôt cette profondeur particulière que les hôtels récents tentent parfois de reproduire sans vraiment y parvenir. Dès l’entrée, le Pavillon cultive l’élégance discrète d’une grande maison de famille.

La salle du restaurant en constitue sans doute la plus belle expression. Tables nappées de blanc, fauteuils cabriolets habillés de rouge, lustres de cristal et orchidées composent un décor classique et feutré. Mais le regard est immédiatement attiré ailleurs. Derrière les grandes baies vitrées, la vallée de la Seine se déploie jusqu’aux silhouettes de La Défense et de l’ouest parisien. Le brunch commence presque ainsi, avant même la première assiette, par quelques minutes passées à contempler l’horizon.
UN BUFFET GÉNÉREUX, ENTRE PRODUITS DE LA MER ET CLASSIQUES DU DIMANCHE
Une coupe de Prosecco donne le ton de ce déjeuner dominical. Les bulles apportent juste ce qu’il faut de légèreté et de fête, tandis que les boissons chaudes et les jus de fruits permettent à chacun d’adopter son propre rythme.

Le buffet froid impressionne d’abord par sa variété. Les gougères dorées côtoient les verrines, les salades composées, les pièces de viande froide et les bouchées de courgette garnies de saumon. Plus loin, de larges plats de saumon fumé, accompagnés de pickles d’oignon rouge, font face aux huîtres, aux crevettes et aux langoustines. L’ensemble est abondant, joliment présenté et régulièrement renouvelé.
On compose son assiette selon son humeur, avec la liberté propre aux bons brunchs : quelques produits de la mer pour commencer, une gougère au passage, une salade fraîche ou une verrine avant de revenir vers les mini-croque-monsieur. Ces derniers, simples et réconfortants, rencontrent naturellement leur public auprès des enfants comme des adultes.

Le plat chaud change au fil des dimanches. Lors de notre venue, la cuisine proposait une blanquette de veau, servie avec ses accompagnements. Une recette familiale parfaitement accordée à l’esprit du lieu : généreuse, rassurante et suffisamment traditionnelle pour évoquer les grands déjeuners dominicaux. Elle apporte aussi une véritable consistance au repas, là où certains brunchs se limitent à une accumulation d’entrées froides et de viennoiseries.
La dernière partie du buffet laisse place aux fromages, aux desserts et aux fruits frais. Chacun peut prolonger le déjeuner à sa manière, sans empressement. Le format fonctionne particulièrement bien en famille : les enfants circulent entre les mini-croques et les douceurs, tandis que les adultes prennent le temps de revenir vers les fruits de mer ou de terminer tranquillement leur coupe.
LE LUXE DE PRENDRE SON TEMPS
Au-delà de la quantité, ce brunch séduit surtout par son atmosphère. Le service se fait sans précipitation et la disposition des tables préserve une certaine intimité. Malgré le caractère historique du Pavillon et le classicisme de la salle, l’expérience n’a rien de figé ni de trop cérémonieux.

C’est même l’un des plaisirs de l’adresse : pouvoir venir en famille dans un cadre élégant sans avoir le sentiment de devoir surveiller chacun de ses gestes. Le déjeuner conserve une allure particulière, mais reste vivant et détendu. On se lève pour retourner au buffet, on échange les assiettes, on hésite entre les huîtres et une nouvelle gougère, puis on finit inévitablement par se tourner une nouvelle fois vers la vue.
Depuis le printemps 2026, les cuisines sont dirigées par Rodolphe Lewandowski. Le chef, également aux commandes du restaurant panoramique, défend une cuisine de saison attentive aux produits. Le brunch traduit cette volonté dans un registre volontairement plus accessible, avec un bel équilibre entre recettes familiales, produits de la mer et présentations plus contemporaines. Le restaurant panoramique du Pavillon Henri IV accueille par ailleurs les convives du mercredi au samedi au déjeuner et au dîner.
UNE ADRESSE OÙ L’HISTOIRE S’INVITE À TABLE
Le Pavillon entretient depuis près de deux siècles une relation singulière avec la gastronomie. Ouvert comme café-restaurant en 1836, il eut pour premier chef Jean-Louis-François Collinet. La tradition de la maison lui attribue l’invention des pommes soufflées en 1837 ainsi que la création de la sauce béarnaise.

L’anecdote pourrait relever du simple folklore hôtelier. Elle rappelle surtout que l’on déjeune dans un lieu qui a vu défiler écrivains, artistes et personnages historiques, de Victor Hugo à Alexandre Dumas, en passant par George Sand, Émile Zola ou Sarah Bernhardt. Le Pavillon fut aussi l’un des refuges favoris d’Alexandre Dumas, qui y travailla notamment aux Trois Mousquetaires et au Comte de Monte-Cristo.
Cette mémoire ajoute une saveur particulière au repas, sans jamais prendre le dessus sur le plaisir immédiat. La réussite du brunch tient précisément à cet équilibre : un décor patrimonial, une vue spectaculaire et un buffet suffisamment généreux pour que l’on ne vienne pas seulement admirer le paysage.
NOTRE AVIS
À 75 euros, le brunch du Pavillon Henri IV se positionne clairement parmi les expériences dominicales haut de gamme. Le tarif se justifie par la richesse du buffet, la présence d’un véritable plat chaud, le choix de produits de la mer et, bien sûr, par ce panorama exceptionnel sur la vallée de la Seine.
Mais l’adresse possède surtout quelque chose que l’on ne peut pas ajouter artificiellement à une formule : une âme. On y vient pour déjeuner et l’on y reste pour la lumière, le calme et cette sensation délicieuse d’avoir quitté Paris sans vraiment s’en être éloigné.
Après le repas, la promenade peut se poursuivre sur la Grande Terrasse dessinée par André Le Nôtre, dans le parc du château ou à travers les allées de la forêt de Saint-Germain-en-Laye. Une manière idéale de prolonger ce dimanche en famille et de transformer un brunch en véritable escapade.
INFORMATIONS PRATIQUES
Pavillon Henri IV
19-21, rue Thiers
78100 Saint-Germain-en-Laye
Brunch servi le dimanche de 12 h à 15 h
Tarif : 75 euros par personne
Boissons chaudes, jus de fruits et une coupe de Prosecco inclus
Réservation recommandée
Accès par le RER A, station Saint-Germain-en-Laye, puis environ dix minutes de marche à travers le parc du château. Parking privé gratuit sur place.
Les horaires et réservations sont disponibles sur le site officiel du Pavillon Henri IV.
